La Ligue contre le Cancer dénonce la précarité des malades

Cancer : Les malades souffrent aussi d'une baisse de revenus


Enquête : le cancer entraîne pour de nombreux malades des baisses importantes de revenus, des frais supplémentaires et des difficultés pour se réinsérer dans le monde du travail, révèle ce mercredi par la Ligue contre la maladie.

Au total, 60% des personnes qui étaient actives au début de leur maladie déclarent avoir subi une baisse de revenus, selon les résultats de cette enquête « Dopas » conduite auprès de 1.700 malades par la Ligue et dont de premiers extraits avaient été diffusés fin mars. La diminution de salaire est la conséquence de l'arrêt de travail et d'un remboursement partiel par le système de prévoyance qui, souvent, ne tient pas compte des primes et heures supplémentaires.

Baisse de 25% du revenu

« Les primes que je ne touche plus représentaient 24% de mon salaire, sans compter les heures sup qui me permettaient de boucler les fins de mois », témoigne anonymement une des personnes sondées par la Ligue. Près de la moitié (44%) des personnes qui déclarent des baisses de salaire au cours de leur maladie indiquent avoir subi une diminution importante, de plus d'un quart de leurs revenus.

Nombreux frais non remboursés

Ces difficultés financières exacerbent « le sentiment de dévalorisation déjà très présents dans la maladie et la baisse ou perte de revenus (...) peut être vécue comme une mort sociale », souligne la Ligue contre le cancer dans ses conclusions.

Dépassements d'honoraires, prothèses capillaires non remboursées, crèmes « de confort » contre les brûlures des radiothérapies, frais de transport pour aller suivre les traitements ou frais de garde pour les enfants : le cancer entraîne de nombreux frais non remboursés par la sécurité sociale et les mutuelles, qui s'ajoutent aux baisses de revenus. La maladie entraîne aussi dans l'immense majorité non seulement un arrêt de travail mais aussi une modification de l'activité professionnelle. Parmi les personnes qui étaient actives au début de la maladie, 51% des personnes restaient (au moment du l'enquête) en arrêt de travail, 22% étaient devenues inactives (retraite ou pension d'invalidité) et seules 18% avaient retrouvé une activité professionnelle.

Un retour au travail hypothéqué

Parmi ces dernières, seules 31% réoccupaient exactement le même poste de travail. « Je sais que lorsque je serai en état de retourner au travail, je serai licencée car mon employeur ne peut pas me redonner mon poste », témoigne une malade.

Conséquence moins connue, le cancer entraîne des problèmes de mobilité et de transport : « 41% des personnes évoquent des difficultés de mobilité essentiellement liées à la fréquence des déplacements induite par les soins et le fait de ne plus pouvoir se déplacer seul », explique encore la Ligue. En revanche, l'enquête ne prend pas en compte d'éventuels frais de reconstitution de la partie du corps traitée, notamment certains actes de chirurgie esthétique. Mais elle permet de « confirmer » certains aspects de la maladie comme « la baisse des revenus », « les difficultés de retour à l'emploi » mais aussi de mettre en avant les difficultés de mobilité, explique Giulietta Poillerat, responsable de la Ligue pour les « actions aux malades ».

Appel à un troisième plan cancer

Et la présidente (par interim) de la Ligue Jacqueline Godet de déclarer : « L'objectif est maintenant de porter toutes ces conclusions aux décideurs et à ceux qui vont définir la politique de santé en France ».

À la veille du second tour de l'élection présidentielle, la Ligue appelle au lancement d'un troisième Plan cancer (après les Plans 2003-2007 et 2009-2013) face à une maladie qui est la première cause de mortalité en France avec plus de 350.000 décès par an.

 

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