Lettre au ministre de la Santé

marisol.jpgLundi 21 mai 2012

Madame la Ministre,

Nous venons d’apprendre votre nomination en tant que Ministre des Affaires Sociales et de la Santé. Aussi, permettez-nous de vous adresser nos sincères félicitations et vous souhaiter pleine réussite dans vos nouvelles fonctions. 

Nous avons bien conscience de l’importance des défis que vous aurez à relever durant votre mandat. Parmi les urgences à traiter, il y en a une qui ne peut attendre, tant les dégâts sont    importants pour ceux qui en sont touchés. Nous parlons des personnes malades ou accidentées et qui se retrouvent plongées dans la précarité en vertu de lois et réglementations tout simplement    inadaptées à notre société d’aujourd’hui et à la situation économique et financière de notre pays. Ceci est d’autant plus vrai avec la crise que nous traversons. 

Pour illustrer ce propos, nous souhaitons vous apporter le témoignage d’une de ces personnes, victimes de ce que l’on peut appeler la « double Peine » ! Cette femme s’appelle d’A, est âgée de 41 ans, infirmière (pour l’ironie de l’histoire !) maman de 4 enfants, et atteinte d’un cancer du sein métastasé. À la naissance de son 4ème enfant, A. prend un congé parental et reprend son activité professionnelle fin mars 2010. C’est 6 mois après que le diagnostic de la première tumeur tombe. Commence alors une vie ponctuée de soins, tellement lourds, opération, rémission, et rechute.  A. aura 42 ans en juillet 2012 cela fera aussi un an que tous les mardis elle est chimiothérapie. Nous pouvons imaginer (juste imaginer…) les souffrances morales et physiques, ainsi qu’une famille dans la douleur et la peur… 

Mais comme si cela ne suffisait, en novembre 2011, la Sécurité Sociale pour laquelle elle cotise depuis plus de 20 ans, décide en vertu de l’article R 313-3, de lui suspendre tout simplement ses indemnités. Précisons que nous ne parlons pas d’un manque d’heures effectuées mais d’un nombre d’heures conséquent juste mal réparti. A ce jour, A. mène une action en justice contre la Sécurité Sociale pour que les choses évoluent dans le bon sens. Elle le fait au nom de tous les malades qui pendant qu’ils se battent contre un terrible fléau, se retrouvent confrontés à la précarité. Aujourd’hui A. est en appel.

Un groupe de soutien sur les réseaux sociaux (Facebook) s’est constitué autour d’elle, qui comprend environ 1650 membres, ayant pour objectif en plus du soutien moral de dénoncer cette injustice    en relayant l’information partout où ils peuvent, politiques, médias… La presse régionale s’est déjà emparée de son histoire et d’autres supports comme internet ou magazines spécialisés commencent eux aussi à s’intéresser à sa situation. Une pétition est également en ligne et a déjà recueilli près de 2000 signatures et grandit de jour en jour.

Nous savons que la Ligue Nationale Contre le Cancer, a dénoncé ce triste constat de précarité grandissante, et que Madame Jacqueline GODET Présidente nouvellement nommée, souhaite la mise en place d’un troisième plan cancer axé sur une approche plus individuelle peu développée lors des plans cancer I et II. Tant dans le parcours de soins, l’après-cancer qu’en matière de prévention, tout en prenant en compte la crise économique et sociale ainsi que les nouveaux enjeux sanitaires. Bien consciente de la précarisation subie par certains malades à cause de leur état de santé et de ses conséquences, elle souhaite œuvrer pour pallier cette injustice.

Nous ne connaissons pas encore votre sentiment sur cette lourde décision prise par la sécurité sociale en plein accord avec la réglementation, mais aimerions savoir ce que vous en pensez. Il y a une réelle urgence à solutionner le « cas » d’A. avant même de légiférer. Il suffirait pour cela qu’un administrateur de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, s’empare de son dossier et décide de la gracier. Madame la Ministre, nous vous demandons solennellement de bien vouloir vous pencher sur le cas d’A. et d’apporter toute l’aide nécessaire pour que mauvaise santé ne rime plus avec précarité et pour qu’A. puisse nourrir sa famille et vivre dans la dignité auquel tout être humain a droit. 

Nous restons bien évidemment à votre entière disposition pour plus de renseignements. En espérant que ce courrier aura su porter en vous toute l’attention qu’il mérite, nous vous prions de croire, Madame la Ministre, à notre plus profond respect.

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