Lettre aux candidats à la présidence de la République

Mesdames, messieurs,

                 
Vous présentez votre candidature pour exercer la fonction suprême dans un grand pays du monde. Malheureusement, je n'ai pas lu dans votre programme un item qui prendrait en compte l'horreur administrative dans laquelle je me trouve. Pour cette raison, je vous interpelle aujourd’hui sur le sort de mes enfants et celui de femmes et d'hommes, qui, comme moi, parce qu'ils cotisent à la Sécurité Sociale, se croient protégés, jusqu'au moment où, par le biais d'un article méconnu, d'un paragraphe du règlement administratif, ils se retrouvent confrontés à la précarité.

J'ai 41 ans et me bats depuis près d'un an contre un article du Code de la Sécurité sociale qui m’empêche de percevoir toute indemnité journalière. En cause, un congé parental et des heures de travail mal réparties. Atteinte depuis octobre 2010 d’un cancer du sein, aujourd’hui métastasé, je veux alerter l’opinion publique sur une situation qui touche de nombreux assurés. Je ne peux rien contre la machine administrative. Vous avez ce pouvoir, le pouvoir de nous protéger.

Mère de quatre enfants âgés de 5 à I7 ans, je ne perçois aucune indemnité journalière depuis avril 2011, car j'étais en congé parental début 2010 et que je n'ai pas travaillé 200 heures entre janvier et mars 2010. "Tombée malade trois mois trop tôt ", m’a-t-on dit. Salariée depuis 1991, je suis aujourd'hui considérée comme cotisant depuis mars 2010.

La santé pour tous ! Faux mais les cotisations salariales bien réelles pour tous. La santé pour ceux qui ont les moyens de vivre sans prise en charge sociale. Malhonnêteté. Chaque jour, je me demande si le quotidien et l’avenir matériel de mes enfants et de mon conjoint ne seraient pas meilleurs si je mourais. Inhumanité.

Parce que de nombreux témoignages me parviennent de situations semblables depuis que j'ai osé sortir du silence, parce que la précarité est encore plus insupportable dans la maladie, je vous demande d’intégrer à votre programme social la suppression de cette clause de 200 heures de travail au cours des trois premiers mois et de faire en sorte que les personnes prenant un congé parental soient correctement et justement informés, en toute transparence.

Je vous remercie de m'avoir lue et suis dans l'attente de votre réponse et de vos propositions. Je vous prie d’agréer, mesdames et messieurs, l’expression de mes salutations les meilleures.

A.
 

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